PPC des espoirs et du désespoir

La PPC c’est la machine qui me sert à respirer la nuit. Pour moi elle a été source d’espoir puis de désespoir. Pour enfin m’aider à mieux vivre.

L’espoir c’est le jour où j’attends la visite du prestataire qui m’apporte la machine. Je me dis que je vais enfin dormir.

Le prestataire apporte la machine et me montre son fonctionnement. Il fait les réglages du masque et m’explique les règles d’hygiène. Il est patient et pédagogue.

Les premières nuits sont étranges. Pour mieux m’approprier cette machine, je lui donne une prénom : Églantine.

Églantine, c’est ma copine, elle m’aide à respirer la nuit.

Elle va protéger mon corps, permettre à mes organes d’être bien oxygénés, d’être en bonne santé. Peut-être va-t-elle m’aider à combattre le diabète, car le lien entre apnée et diabète est évident.

Cela c’est la phase d’espoir.

Les premières nuits sont un peu difficiles. Le masque me gêne. Il se bloque dans mon oreiller. J’investis dans un oreiller à mémoire de forme qui présente l’avantage d’avoir une forme anguleuse qui permet le passage du masque et surtout de l’embout du tuyau.

Je tourne et me retourne, j’ai du mal à trouver mon sommeil. Le tuyau me gêne.

Le bruit de ma respiration parfois me berce et parfois m’obsède. La psychologue de l’hôpital me fait faire des exercices de relaxation. Une alternative au Lexomil. Ou pas.

Après viennent les problèmes de fuites. Le prestataire revient et ajuste le masque. Il m’en fait tester un autre type, puis une autre taille de l’autre type.

Arrivent ensuite les problèmes de sécheresse des muqueuses du nez. La sécheresse de la nuit se traduit le lendemain par le nez qui grattouille, des éternuements (10 – 12 d’affilée), le nez qui coule.

Le prestataire met en place un système d’hydratation. Le nez n’est plus sec. Il y a un peu plus de manipulations. Au nettoyage quotidien du masque s’ajoutent l’entretien du bac à eau, la recharge de l’eau tous les soirs, le nettoyage du bac le matin. Je passe les deux mois d’été ainsi.

L’été se termine, la température de l’air ambiant change. L’eau se condense dans le tuyau. Elle arrive en gouttelettes dans le masque. Dans le masque nasal elle inonde mon nez, dans le narinaire, l’eau claque en sortant de la tubulure et me réveille.  Le prestataire me fait monter la température de chauffe. Malgré cela le tube est rempli d’eau.

Donc au nettoyage du masque, du bac s’ajoute le séchage quotidien du tuyau.

Certaines nuits je suis réveillée par un bruit très intense. J’en parle au prestataire qui identifie qu’il s’agit de fuite buccale. Je fuis de la bouche maintenant !!

Le prestataire me donne une mentonnière qui permet de maintenir la bouche fermée. Donc maintenant, j’ai de l’air chaud et humide qui souffle dans mon nez, la bouche fermée par une mentonnière, un masque qui me mange le visage, ce tuyau qui me gêne, le bruit de ma respiration qui m’obsède.

Je n’arrive pas à m’endormir. Quand je m’endors, je suis réveillée par le tuyau, par le bruit, par l’eau, … Je me réveille une fois, deux fois, trois fois par nuit. Sans compter les phases d’une ou deux heures à écouter ma respiration sans arriver à dormir, en début de nuit ou en milieu de nuit ou encore en fin de nuit.

Là, c’est le désespoir. Je suis encore plus fatiguée avec la machine que sans elle.

Je ne perds pas espoir, les résultats de mesure de glycémie sont très nettement meilleurs depuis que j’utilise la PPC.

Et un matin, je me réveille en pleine forme.

Ca y est. J’ai acceptée la machine. Il y aura encore certaines nuits difficile mais petit à petit je remonte la pente. Je suis en meilleure forme. Je reprends espoir.

Mon diabète est tombé à 6.1 comme si la maladie n’existait plus. J’ai perdu 15cm de tour de taille. Une nouvelle vie va pouvoir commencer.

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